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Accueil | Actualités | Les vendeurs ambulants font face à la vague autoritaire dans les Amériques
En ce début d’année 2026, l’Amérique latine se trouve à un carrefour institutionnel sans précédent. Ce qui avait commencé dans plusieurs pays comme une promesse de « liberté économique » ou de « fin de la corruption » s’est transformé en un modèle régional de concentration du pouvoir visant un objectif commun et délibéré : l’espace public. Pour les millions de travailleurs de l'économie informelle que StreetNet International représente dans le monde entier, ces gouvernements « forts » n'ont apporté ni ordre ni progrès, mais une plus grande vulnérabilité du travail, des persécutions et une exclusion politique accrues. Le véritable axe de tension actuel oppose les démocraties institutionnelles aux régimes autocratiques qui sapent l'état de droit, démontrant que lorsque la démocratie s'affaiblit, le premier à en subir les conséquences est le maillon le plus vulnérable de la chaîne : le travailleur qui n'a pas de bureau où se réfugier, seulement sa marchandise, sa famille, son organisation et sa voix.
Pour StreetNet, l'espace public n'est pas un simple terrain commercial ; c'est un territoire de droits légitimes, de survie et de dignité. Or, la carte de ce déclin démocratique actuel est diverse, complexe et hostile à notre classe ouvrière.
En Argentine, Le modèle libertarien de Javier Milei arrive ce mois-ci, miné par les scandales et une économie qui peine à décoller, et le taux de désapprobation dépasse déjà les 30 %. 64 %Le « choc » économique a vidé les poches des clients habituels de nos vendeurs, tandis que les décrets présidentiels tentent de démanteler des décennies de droits des travailleurs acquis au prix d'une dure lutte dans la rue, en bloquant les voies démocratiques de protestation et en criminalisant la subsistance organisée.
Au Honduras, Le récent basculement de la gauche vers la droite avec la présidence de Nasry Asfura a marqué le retour des politiques de « réaménagement urbain » souvent synonymes d'expulsions forcées, de violence institutionnelle et d'une absence totale d'alternatives socio-économiques pour ceux qui vivent au jour le jour.
Pendant ce temps, au Nicaragua voisin, Le régime de Daniel Ortega célèbre deux décennies de contrôle totalitaire. Là-bas, la persécution du leadership social est absolue : le simple fait d'adhérer à des réseaux internationaux, de se coordonner avec eux ou de s'organiser pour exiger de meilleures conditions sur un marché est qualifié d'acte de trahison envers la patrie, ce qui anéantit toute trace de liberté syndicale et viole les conventions internationales de l'OIT.
Le cas du Salvador reste le miroir dangereux dans lequel de nombreux autres dirigeants de la région veulent se voir. Avec 50 mois d'état d'exception normalisé, Nayib Bukele a instauré une sécurité largement saluée, mais à un coût humain que nos organisations affiliées connaissent et subissent directement : la suppression des garanties constitutionnelles, la perte totale du droit à une procédure régulière et la crainte latente que n'importe quel policier puisse décider arbitrairement qui a le droit d'occuper le trottoir pour gagner sa vie et qui se retrouve derrière les barreaux pour le simple fait de travailler dans la rue.
Parallèlement, l'Amérique centrale est également le théâtre de mutations autoritaires où un coup d'État militaire classique n'est plus nécessaire pour exercer un contrôle dictatorial ; le détournement du système judiciaire suffit à enchaîner la volonté populaire et à détruire le tissu social. C’est le cas du Guatemala, qui illustre parfaitement le phénomène de « capture institutionnelle » ou de dictature judiciaire.. Dans le milieu de 2026, malgré un gouvernement central à orientation démocratique, le parquet et les tribunaux contestés maintiennent une persécution systématique et une criminalisation sélective qui étouffent les mouvements sociaux et les défenseurs des droits de l'homme, limitant drastiquement leur capacité à se mobiliser et à faire des propositions dans l'espace public.
Enfin, au Venezuela, l'exemple le plus ancien d'étouffement institutionnel dans le sud, la transition menée par la présidente par intérim Delcy Rodríguez à la suite des événements tumultueux de le 2026 janvier maintient l'économie informelle dans un incertitude totalePris entre l'espoir d'une véritable ouverture économique et l'emprise de fer des structures étatiques qui persistent, les travailleurs de l'économie informelle vénézuélienne restent les héros anonymes d'une économie qui peine à respirer, résistant sans la reconnaissance légale ni les réseaux de protection sociale que nous réclamons depuis si longtemps à notre alliance mondiale.
Ce tableau inquiétant montre que la liste des nations à risque est loin d'être exhaustive, s'étendant même aux puissances du Nord, où la polarisation extrême et la rhétorique nationaliste radicale flirtent constamment avec l'affaiblissement des contre-pouvoirs démocratiques traditionnels.
Face à ce scénario, le slogan de StreetNet International résonne avec plus d'urgence que jamais : « Rien pour nous sans nous ». Face à la vague autocratique qui cherche à vider les rues des travailleurs et à les remplir de répression, l'organisation, la solidarité internationale et la défense de l'économie sociale et solidaire ne sont pas de simples outils pour les travailleurs ; elles sont le dernier rempart de dignité et de démocratie dans une région assiégée.
Cet article a été rédigé par Daniel Peralta, chargé de communication régional pour les Amériques.
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