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Au Togo, les travailleurs optent pour l'économie sociale et solidaire.

FAINATRASIT suit une formation en économie sociale et solidaire afin de permettre aux travailleurs de l'économie informelle d'atteindre l'autonomie financière.

Dans un contexte où les travailleurs du secteur informel peinent à accéder aux services financiers formels, une session de formation sur l’économie sociale et solidaire (ESS) a réuni trente délégués de la Fédération des associations et initiatives nationales des travailleurs du secteur informel au Togo (FAINATRASIT), une organisation affiliée à StreetNet International. Une initiative qui, selon ses participants, pourrait transformer durablement leur rapport à l'argent et à la solidarité collective.

Une formation venue combler un vide

FAINATRASIT n'était pas novice en la matière. L'organisation disposait déjà d'un système de crédit interne. Mais l'épargne collective restait un domaine inexploré. C'est précisément ce manque que cette formation est venue adresser.

Au programme : les principes fondateurs de l'ESS — solidarité, entraide, organisation collective, participation démocratique, autonomie financière et recherche du bien-être commun. Mais aussi les conditions de durabilité d'un tel système : la confiance entre membres, un leadership engagé, une discipline rigoureuse dans la gestion des cotisations, et une identification claire des besoins lors des demandes de prêt.

Identifier les obstacles pour mieux les anticiper

La formation n'a pas esquivé les réalités du terrain. Les participants ont ouvertement discuté des risques qui peuvent faire dérailler un système d'épargne solidaire : crises de confiance, irrégularité des cotisations, non-remboursement des prêts, et formation de clans au sein du groupe.

« Les principaux défis concernent surtout l'accès limité aux services financiers formels, la faiblesse des revenus des acteurs de l'économie informelle, la confiance entre membres, et l'absence de cadre réglementaire adapté » témoigne Agblegoe Yawavi, participante à la formation.

Pour gérer les fonds collectés, un modèle à trois clés a été présenté : une personne détient la caisse, une autre en garde la clé, une troisième gère le registre comptable — un mécanisme simple mais efficace pour garantir la transparence et prévenir les abus.

Un exercice inspirant

Au-delà des apports théoriques, c'est la simulation pratique qui a particulièrement marqué les esprits. Les participants sont repartis avec une motivation renouvelée et, selon leurs propres termes, « une réelle volonté d'autonomie ». Agblegoe Yawavi le confirme : « Cette formation nous a permis de mieux appréhender l'économie sociale et solidaire, ce qui nous permettra de sensibiliser nos membres à la coopération, à la finance solidaire et à la transition vers une économie plus formelle et durable. »

La présidente Mimi Kozon : « Nous allons commencer par les adhésions. »

C’est sans aucun doute le résultat le plus concret de cette session de formation. Mimi Kozon, présidente de FAINATRASIT, ne s’est pas contentée d’applaudir les efforts déployés : elle a déjà un plan d’action.

« Après la formation, nous avons décidé une cotisation journalière. À la première rencontre, chacun va donner une adhésion et nous allons commencer avec cette adhésion pour confectionner les cartes de membre », explique-t-elle.explique-t-il.

Une approche pragmatique, qui part du bas : pas de grand lancement institutionnel, mais une première réunion, une première cotisation, une première carte. L'identité collective avant tout.

Sur la gouvernance du futur système, la présidente est également claire : le bureau ESS sera distinct du bureau de la FAINATRASIT Ce n'est pas le bureau FAINATRASIT qui va diriger — nous allons mettre en place tous les cotisants afin d'élire un bureau », précise-t-elle. Un gage de démocratie interne et de transparence qui reflète directement les principes enseignés lors de la formation.

Elle confirme l'enthousiasme des membres : « Ils ont reçu la formation avec enthousiasme. Ils pensent épargner afin que nous puissions faire un crédit uni. »

Une vision qui dépasse le cadre des trente délégués

Si le démarrage est prévu en juillet XNUMX avec les trente délégués formés comme membres fondateurs, la vision de Mimi Kozon est bien plus large. « Dans les prochains mois, nous voulons que cela ait un impact sur tous les vendeurs des marchés, des rues, les artisans — nous voulons un impact positif sur tous les membres et adhérents afin que cela puisse évoluer », affirme-t-elle.

À moyen terme : constituer de petits groupes d'épargne. À long terme : étendre le système à l'ensemble des organisations affiliées à la FAINATRASIT sur le plan national.

Un message à toutes les organisations du secteur informel

Interrogés sur les leçons à retenir, les participants sont unanimes : commencer petit, faire simple et miser sur la confiance. « L’unité et la solidarité font la force de l’organisation ; avec de petites sommes d’argent, l’organisation peut établir une économie sociale et solidaire. » « C’est ce que résume la dirigeante de la fédération. » Agblegoe Yawavi, quant à elle, souligne l’importance de règles claires, d’une éducation financière et d’outils numériques accessibles pour instaurer la confiance au sein du groupe.

Cette session de formation, portée avec le soutien StreetNet International et WIEGO, illustre une conviction de plus en plus partagée sur le continent : dans l'économie informelle, l'ESS n'est pas une utopie. C'est un levier concret, à portée de main — à condition de l'organiser avec méthode, transparence et, surtout, solidarité.

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