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Jeunesse en action : quatre jours pour apprendre, s’exprimer et agir au Bénin

« Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir de l’économie informelle ; ils en sont le présent. Il est essentiel que nous nous organisions, apprenions les uns des autres et jouions un rôle actif dans la construction de syndicats inclusifs et forts. »

Des jeunes issus d'organisations de vendeurs ambulants en Afrique présentent leurs priorités et leur manifeste.

par Djenabou Sow

« Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir de l’économie informelle ; ils en sont le présent. Il est essentiel que nous nous organisions, apprenions les uns des autres et jouions un rôle actif dans la construction de syndicats inclusifs et forts. »

Avec ces mots, Anastasie ChodatonLe secrétaire général de SYNAVAMAB et membre de StreetNet International a donné le ton à l'atelier régional qui s'est tenu au Bénin du 23 au 26 mars 2026.

Pendant quatre jours, 32 jeunes originaires de 18 pays d'Afrique de l'Est et australe, ainsi que d'Afrique de l'Ouest et centrale, se sont réunis avec un objectif commun : construire un mouvement syndical plus fort et plus inclusif pour les travailleurs de l'économie informelle.

Se rencontrer, se comprendre

Dès le premier jour, les participants ont été plongés dans des activités conçues pour favoriser la solidarité. À travers des exercices de groupe et des discussions ouvertes, chacun a appris à se connaître, transcendant les barrières linguistiques, les frontières nationales et les origines personnelles.

Très vite, une réalité s'est imposée : Malgré leurs différences, les jeunes sont confrontés aux mêmes défis : harcèlement, manque de financement, difficultés d'accès à l'information, forte imposition et protection sociale insuffisante.

Comprendre le système pour mieux s'y positionner

La deuxième journée a permis aux participants de mieux comprendre le fonctionnement de StreetNet International : sa gouvernance, sa structure régionale et, surtout, le rôle que les jeunes peuvent et doivent y jouer.

C’est également à ce moment-là que les premières idées du manifeste de la jeunesse ont commencé à émerger. Les discussions se sont concentrées sur une question clé : Comment transformer les réalités vécues en revendications concrètes ?

Prendre la parole et construire ensemble

La troisième journée était consacrée à la communication percutante. Les participants ont appris à structurer leurs messages, à s'exprimer avec assurance et à défendre leurs idées.

Mais surtout, cette journée a marqué une étape clé : la rédaction de Manifeste de la jeunesse africaine de StreetNet.

Un effort collectif, fondé sur l'écoute, la discussion et l'écriture, qui a permis de traduire les réalités vécues en propositions concrètes.

« Cet atelier m’a permis de mieux comprendre l’importance de l’organisation collective et m’a fourni des outils concrets. » a déclaré Fatoumata Bah de la CNTG en Guinée.

Un manifeste pour dire, mais surtout pour agir

À travers ce manifeste, les jeunes font une déclaration simple mais puissante :
Ils ne représentent pas seulement l'avenir ; ils sont déjà le présent de l'économie informelle.

Ils y exposent leurs priorités :
• lutter contre le harcèlement
• faciliter l’accès au financement
• réduire la charge fiscale
• renforcer l’accès à la formation et à l’information juridique
• améliorer la protection sociale

Mais au-delà des mots, ce document porte une ambition claire : susciter le changement.

Des voix qui portent au-delà de l’atelier

Tout au long des discussions, plusieurs participants ont exprimé leur engagement et leur vision de l'avenir.

Pour Yao Jean Claude Konan de FETTEI-CI (Côte d'Ivoire), les enjeux sont clairs : « Je dirais à mes camarades jeunes du secteur informel que nous sommes un moteur essentiel de l’économie de nos pays respectifs. Nous devons nous armer de courage, nous organiser pour défendre nos intérêts et devenir une véritable force de changement. »
Dans le même esprit, Mohamadi Damiba, de l'Union nationale des vendeurs de fruits et légumes du Burkina Faso (SYNAVFL), a lancé un appel : « J’invite tous les jeunes du secteur informel à s’intéresser au syndicalisme pour un avenir meilleur pour ce secteur dans le monde entier. »

Ces déclarations reflètent une détermination commune : celle d'une jeunesse consciente de son rôle et prête à agir.

Et après ?

L'atelier s'est conclu par des propositions concrètes, notamment la création d'un comité de jeunes au sein de StreetNet International afin d'assurer une meilleure représentation dans les instances décisionnelles.

« J’espère voir des changements concrets, notamment en matière de protection sociale. » souligne Marc Edagon de CSA Bénin.

Les participants ont également eu l'occasion de découvrir le Bénin à travers des activités culturelles, renforçant ainsi les liens tissés au cours de ces quatre jours.

Une dynamique qui se poursuit

Au-delà de l'atelier, cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large, soutenu par plusieurs organisations partenaires, notamment FIWON et MUFIS, qui ont également mis en lumière les résultats et les perspectives découlant de cette réunion.

Ce qui a été construit au Bénin ne s'arrête pas à la fin de l'atelier.

Des idées ont émergé.
Des liens ont été forgés.
Un manifeste a été rédigé.

Et surtout, une génération de jeunes est repartie avec une conviction : celle d'avoir un rôle à jouer, dès maintenant, dans la transformation du syndicalisme et de l'économie.améliorer les conditions de vie des travailleurs de l'économie informelle.

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